Galerie Escougnou-Cetraro

DIGNE_Climats
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Galerie Escougnou-Cetraro
7 rue Saint-Claude, 75003 Paris.
Tel : 09 83 02 52 93
www.galerieseestudio.fr
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Rebecca DIGNE
Climats, 2014, 5 min 30 s.
Video HD, Couleur.

Lors d’un voyage au Japon Rebecca Digne a séjourné dans des maisons traditionnelles où les murs sont de fines cloisons mobiles, donnant sur une cour intérieure. Dans les pièces de ces habitations, on est aussi sensible au climat, à la température, à l’humidité que lorsqu’on se trouve à l’extérieur. L’artiste a été frappée par la porosité entre l’espace intime et l’espace extérieur.
Pour la réalisation du film Climats, Rebecca Digne a construit une maquette d’une pièce à l’échelle 1/33, dont le sol est recouvert de terre noire. Au centre, une table en métal sur laquelle est posé un corail. Ce décor traverse et témoigne de changements liés au climat : tout d’abord ce territoire est aride puis la pluie rentre dans l’image et l’eau prend le dessus sur les composants de cette maquette. Dans cette scénographie un système de pluie artificielle intègre l’eau dans l’espace intérieur.
À la fin du film, le dispositif scénographie est dévoilé, sauf le dispositif de pluie pour que l’eau reste un élément sur lequel l’Homme n’a pas de prise. Les éléments qui pourraient n’être qu’un décor sont en fait des personnages à part entière, qui figurent des dimensions de notre existence. La terre noire au sol incarne notre état primitif, originel. Le corail, matière organique, représente l’Homme. Le métal incarne la pensée, puisque c’est un élément fabriqué par l’homme. La pluie joue un rôle central dans cette œuvre par son action sur les différents éléments. Elle redéfinit le territoire filmé, mais aussi le film lui-même. Elle tombe dans cet espace, la table, le corail, la terre deviennent récipients de l’eau. Elle représente à la fois le monde extérieur et le collectif. La pluie vient par essence du dehors et c’est un phénomène auquel nous sommes tous soumis à égalité.

Les pièces de Rebecca Digne sont des installations de films, vidéos et photographies. L’image, à la fois sujet et médium, est exploitée comme un territoire où s’entremêlent des enjeux liés à la question de l’attente, du temps, de l’identité, du geste ou du rituel. Ses œuvres récentes doivent leur titre à un verbe d’action (Rassembler, Fouiller, Creuser, Cueillir ), sa pratique peut elle aussi se résumer à un simple verbe : filmer. Filmer comme geste, comme action et comme rapport au monde. Son travail de l’installation est aussi une partie essentielle de sa pratique, avec l’intention de positionner le regardeur pour qu’il soit actif et face à une expérience. Ses pièces sont courtes et projetées en boucle, de telle façon que nous ne sommes jamais ni à la fin ni au début, mais toujours au centre de la pensée. Rebecca Digne utilise le geste comme un élément de pensée, de transmission, de résistance et de transformation; elle utilise la couleur pour sa matérialité et ses capacités d’évocations.

Pour en savoir plus: www.escougnou-cetraro.fr



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